lundi 4 décembre 2017

La propagande au sujet d'une pénurie de main-d'œuvre dans l'industrie du camionnage

Ça fait un bout de temps que je n'ai pas publié, et bien aujourd'hui c'est le texte de M. Normand Chouinard, routier, que je publie. M. Chouinard exprime très bien ce que je n'ai cessé de dire au fils des ans. 

J'ose espéré que les chauffeurs, camionneurs, routiers, conducteurs prendrons enfin le temps de lire ce texte et prendrons aussi le temps de bien réfléchir a la situation dans l'industrie et de prendre le vrais moyens pour ce sortir de ce bourbier.

Bonne lecture!


La propagande au sujet d'une pénurie de main-d'œuvre dans l'industrie du camionnage.

Les camionneurs discutent de la nécessité de s'organiser à la défense de leurs droits dans toutes les conditions - par Normand Chouinard -

Une grande illusion est propagée au sein du mouvement pour la défense des droits des camionneurs au Québec et au Canada. Les grands employeurs et les médias parlent abondamment d'une pénurie de main d'œuvre qui existerait dans le secteur.

Cela, semble-t-il, va forcer les grandes entreprises de transport à améliorer les conditions de travail des camionneurs parce que le déséquilibre entre l'offre et la demande va les favoriser. 

Dans ce scénario inventé, la lutte organisée des camionneurs pour la défense de leurs droits, de leur dignité et pour une nouvelle direction pro-sociale de leur industrie ne serait plus nécessaire.

Cette illusion qui vise à paralyser les camionneurs est d'autant plus dangereuse que non seulement elle cherche à faire croire aux camionneurs que les changements vont se faire naturellement, via l'offre et la demande, mais que ceux qui sont en position de contrôle à tous les niveaux et qui sont responsables des crises et des problèmes récurrents vont changer magiquement et de leur propre chef leur conception et leurs façons de faire.

Un conte de fées nous est servi à l'effet que les conditions d'une pénurie de main-d'œuvre vont pousser les grandes compagnies à s'adapter et à trouver des solutions nouvelles qui vont bénéficier aux travailleurs, sans que ceux-ci aient à lever le petit doigt pour s'organiser et mener des actions avec analyse pour défendre leurs droits.[1]

Au contraire, au milieu de grandes transformation technologiques et de bouleversements dans l'ensemble des industries du transport et de la création de grands corridors de commerce et de voies de transport, la situation exige vigilance et clairvoyance.

Le besoin d'organisation et de pensées indépendantes de la part des camionneurs n'a jamais été si grand ou plus urgent. La tâche de défendre leurs droits revient aux camionneurs et camionneuses eux-mêmes. 

Aucun remède ne viendra des Dieux de la Peste. 

Jamais une quelconque pénurie de main-d'œuvre qui a pu se produire dans le transport ou ailleurs dans l'économie n'a freiné la détérioration des conditions de travail des camionneurs et les attaques contre leurs droits.

Aucun déséquilibre, réel ou imaginaire, entre l'offre et la demande n'a poussé les cercles dirigeants de l'industrie à adapter leur comportement dans un sens qui favorise les intérêts de la classe ouvrière.

Ils trouvent toujours des façons de défendre leurs propres intérêts. La préoccupation de ceux qui sont aux postes de contrôle est toujours de rendre les conditions favorables à leurs propres intérêts privés étroits.

Certains font mention d'améliorations spécifiques ou temporaires qui se sont produites mais celles-ci ont toujours été le résultat de l'insistance des camionneurs.

Dans l'ensemble, la situation générale des camionneurs s'est profondément détériorée. 

Les conditions concrètes ont poussé les camionneurs à demander une augmentation immédiate de leurs salaires et une amélioration immédiate de leurs conditions de travail de même que la reconnaissance effective de leur métier en tant que métier d'importance nationale, afin d'assurer leur sécurité, celle des nouveaux chauffeurs à venir et celle du public.

L'exemple des camionneurs intermodaux aux États-Unis. 

Le cas des camionneurs intermodaux aux États-Unis est significatif du genre de main-d'œuvre qui est en train d'être créée dans le camionnage.

USA Today a publié récemment un reportage sur les conditions de travail qui prévalent pour une grande majorité des camionneurs intermodaux affectés au transport de conteneurs au Port de Los Angeles et de Long Beach. [2]

L'article révèle que les chauffeurs immigrants sont forcés de signer des contrats exclusifs avec des entreprises de transport affectées au transport de conteneurs.

Les contrats déterminent littéralement tous les aspects de la vie de ces camionneurs, comme s'ils étaient des esclaves. 

Plusieurs chauffeurs se voient forcés de s'endetter pour acquérir un camion qui correspond aux exigences environnementales de l'État de Californie.

Ensuite les compagnies de transport utilisent leurs dettes comme un moyen de coercition et enferment les chauffeurs dans des arrangements qui les laissent totalement impuissants en ce qui a trait à leurs conditions de travail et de vie.

S'ils quittent leur emploi, ils perdent leurs camions et leur moyen de subsistance mais pas leur dette.

S'ils sont malades ou s'absentent par fatigue ou raison familiale, ils peuvent se faire renvoyer et perdre également leurs camions.

Plusieurs chauffeurs se voient forcés de payer pour des frais qui habituellement sont la responsabilité des employeurs et finissent par travailler sans pouvoir faire quelque réclamation que ce soit à la valeur qu'ils produisent.

Ils doivent parfois de l'argent à leur employeur et ce malgré des journées de travail de plus de 15 heures.

Des centaines d'accidents se produisent à cause de ces conditions de travail. 

Plus de 40 chauffeurs sont décédés ces dernières années suite à des accidents de travail dans ces deux ports seulement.

Ces conditions nous rappellent les villes de compagnies d'acier et de charbon dont parle la chanson « Seize tonnes » où les travailleurs étaient obligés d'acheter de la compagnie tout ce dont ils avaient besoin.

Ils lui redonnaient leur salaire et même plus. Parfois leurs salaires étaient payés en bons d'achat valables uniquement dans les magasins de la compagnie.

C'est seulement le travail d'organisation et les luttes syndicales qui ont mis fin à ces pratiques anti-ouvrières inhumaines.

Voici une citation du reportage qui est intéressante. « L'éminent leader des droits civiques Julian Bond a appelé les camionneurs portuaires californiens les nouveaux fermiers noirs du Sud de l'après-guerre civile. 

Les fermiers de cette époque louaient des terres agricoles pour gagner leur vie et s'endettaient régulièrement auprès de leurs propriétaires. 

Les pratiques prédatrices répandues ont rendu presque impossible aux fermiers de se sortir de leur situation. »

L'intimidation et la culture de la peur n'ont pas empêché par contre plus de 1000 chauffeurs de porter plainte depuis 2010 dans cet État.

La lutte de ces camionneurs intermodaux, qui ont décidé de parler ouvertement de ce qui se passe, a finalement créé une brèche dans l'opinion publique.

La révélation des conditions qu'ils vivent a amené les travailleurs d'autres secteurs de l'économie et l'opinion publique en général à forcer de grands monopoles de distribution comme Costco, Wal-Mart et Target à annuler certaines livraisons de conteneurs provenant du réseau d'entreprises de transport en question.

La lutte des camionneurs et leur détermination ont brisé le silence et créé une situation où même les médias de masse ne peuvent pas nier que ces conditions rétrogrades existent et doivent cesser.

Seule la résistance organisée des camionneurs va décider si ces pratiques inhumaines vont être éliminées au Canada et aux États-Unis.

Les travailleurs du transport doivent continuer de briser le silence eux-mêmes sur les conditions dans leurs propres secteurs et de mener leurs propres batailles.

Cette lutte pour leurs droits et pour humaniser leurs endroits de travail s'unit à la lutte de tous ceux qui se battent pour leurs droits.

Une lutte organisée et déterminée peut stopper cette descente en spirale des conditions de travail et créer une main-d'œuvre qui effectue le travail mais qui est fière de le faire et déterminée à le faire seulement si ses droits sont reconnus et respectés dans un environnement humain.

Ceux qui propagent l'illusion dans le mouvement des camionneurs que la pénurie de travailleurs et des propriétaires accommodants vont changer les conditions pour le mieux veulent paralyser les camionneurs et faire cesser leur travail d'organisation et leurs luttes à la défense de leurs droits.

N'oublions pas qu'il y a une chose qui ne change pas: les travailleurs peuvent compter seulement sur eux-mêmes, organisés dans leurs collectifs, pour se défendre et défendre leurs droits.

Les cercles dirigeants vont essayer de créer de la panique, pénurie de main-d'œuvre ou non. Leurs appels généralisés à la main-d'œuvre étrangère pour gonfler le bassin des travailleurs nous montre seulement qu'ils détestent ce qu'ils appellent le « plein emploi » parce que celui-ci leur enlèverait une arme de plus dans la guerre qu'ils mènent pour exploiter la classe ouvrière.

La répétition ad nauseam d'une propagande au sujet d'une pénurie de main-d'œuvre qui viendrait freiner la croissance économique a été menée de pair avec l'édification d'un système esclavagiste de camionneurs intermodaux en Californie qui est maintenant dévoilé.

Et ce serait sur eux que l'on devrait compter pour trouver des solutions à nos problèmes et défendre nos droits ?

Certainement pas !

De nombreux camionneurs refusent de tomber dans ce piège de l'anti-conscience qui a été tendu pour nous piéger et nous paralyser.

Nous devons bâtir et renforcer nos propres organisations et nous en servir pour développer notre propre pensée, notre propre logique et nos analyses et nos luttes afin d'avancer d'un pas ferme vers une nouvelle direction de l'industrie et ainsi contribuer, en tant que contingent de la classe ouvrière, à ouvrir les portes au progrès de la société.

Note 1.

Pour les camionneurs, cette soi-disant pénurie de main-d'œuvre est une véritable insulte et une arme à double tranchant.

Quand il n'y a pas de pénurie, la concurrence accrue pour les emplois disponibles abaisse les salaires et les conditions de travail.

Les camionneurs se voient forcés de travailler plus fort sans que leur bien-être personnel soit assuré ou ils risquent de perdre leur emploi.

Puis, dans une situation de « pénurie » de travailleurs, les transporteurs augmentent la pression sur eux et leur disent de travailler plus fort et plus vite à cause de la « pénurie ».

D'une manière ou d'une autre, ce sont les travailleurs qui paient le prix à moins qu'ils organisent et résistent.

Note 2.


« Forced into debt. Worked past exhaustion. Left with nothing » par Brett Murphy. Édition du 16 juin 2017 du USA Today.

N'oubliez pas; "Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin"

Fraternellement,
Richard Corbeil
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mercredi 8 mars 2017

Mise au point!



Mise au point!

Bon, il est temps de faire une mise au point.

Dernièrement je reçois beaucoup d'appels et messages à propos d'une dite fédération canadienne du transport, qui aurais un nouveau type d'approche pour solutionner les problèmes dans l'industrie du transport routier au Canada! Les cartes de membres sont en vente à 99.00$. Être membre donne le droit à une consultation gratuite de 30 minutes avec un avocat et une réduction de 25% sur le tarif de l'avocat!  Ho, et à venir, des rabais substantiels sur des articles, non encore définis!

Ouin!

Ça ressemble pas mal a du déjà vue!

Sans vouloir douté des présumés bonnes intentions des gens qui sont a la tête de cette fédération, j'ai le regret de vous dire que encore une fois vous faite fausse route! Et oui vous allez nulle part avec ça, et ce malgré tous les efforts que vous allez y consacré. Vous n'allez pas réinventer la roue.

Tant qu'à mettre des efforts, temps et énergie, pourquoi pas les mettre à la bonne place?

Le problème majeur dans l'industrie du transport routier en Amérique du Nord, c'est les salaires et les conditions de travail misérables!

Arrêtez de chercher de midi à quatorze heures.

Tant et aussi longtemps que les premiers concernés, soit les chauffeurs eux mêmes, refuseront de se prendre en main, continuerons d'accepter de travailler pour des salaires de crève-faim, accepterons des conditions de travail pathétiques sans aucun avantages sociaux sous prétexte que c'est comme ça, alors il va rien se passé. RIEN!


                                                        




Crée des associations, des fédérations ou des clubs quelconques tant que vous voudrez. 

Faites des manifestations, des shows de boucanes comme à Québec, ou des tonnes de groupes FB, tout cela est une pure perte de temps et d'énergie!

Il n'y a pas de solution miracle. 

Même si certain gourous apparaissent de temps à autres et prétendent avoir LA solution aux problèmes de l'industrie, ça aussi c'est une perte de temps. Oui c'est très bon pour l’ego de ces gens, mais c'est tout.

Alors quelle solution reste t'il?

Il reste la solution que les gens détestent, celle qui fait très peur aux employeurs, aux têteux de boss, ceux qui pratique l'aplaventrisme, il ne reste que la syndicalisation!

HOOOUUU, mais quel vilain mot! En effet un mot tabou dans l'industrie du transport routier en Amérique du Nord. Un mot tabou comme les mots salaires, conditions de travail, fonds de pension, respect, etc.

Et pourtant! 

On a beau tourné et retourné le problème dans tous les sens et de toutes les manières, il ne reste que cette option pour régler une bonne partie des problèmes de cette industrie qui est gravement malade.

Pourquoi? 

Tout simplement parce que c'est ce que prévoit le Code du Travail Canadien, ainsi que le Code du Travail du Québec. Il en est de même dans les autres juridictions provinciales. Tous comme au sud de la frontière.

Alors puisque le dénominateur commun à travers l'Amérique du Nord est la syndicalisation, pourquoi ne pas s'en servir?

Un autre dénominateur commun, la syndicalisation doit être faite établissement par établissement.

Mieux encore, vous avez même le choix des syndicats. Si un syndicat ne vous plait pas, et bien il y en d'autres de disponible. Vous avez le choix entre des syndicats présent des 2 cotés de la frontière, et d'autre nationaux. Ce n'est pas le choix qui manque!


                                                              




Mais alors qu'est ce qui manque???

Simplement la volonté de s'en sortir! Un mot bien simple la volonté, mais pas facile à mettre en pratique. 

Évidement comme chaque fois qu'on veut faire bougé les choses, en plus de la volonté, ça va demander du temps, de l'implication, encore de la volonté, du courage, de la persistance, de la résilience, et oui encore de la volonté!

Sans pour autant que le mouvement syndical soit le paradis sur terre, il n'en demeure pas moins que dans les législations actuelles, c'est le seul outil efficace pour l'ensemble des travailleurs, ce qui inclus les chauffeurs, camionneurs, routiers, conducteurs, bref vous, pour améliorer les salaires et les conditions de travail. 

C'est le seul outil qui force les employeurs à négocier avec vous!

Il ne s'agit pas de savoir si vos employeurs respectifs vont être d'accord. Les employeurs n'ont pas le choix; quand les employés décident de se syndiqués, les employeurs doivent s’asseoir à la table  et négocié de bonne foi! 

C'est tu assez clair!

Le droit de se syndiqué est un des rare droit qui privilégie les travailleurs, mais trop peu de gens s'en servent. 

Qu'attendez-vous???

Si vous attendez que les employeurs se mettent a genoux devant vous et vous donnent ce que vous voulez avoir, juste a cause de la prétendu "pénurie de chauffeurs", qu'ils ont eux même crée, alors vous risquez d'attendre longtemps!

Ceux qui pensent qu'il vont pouvoir amélioré les salaires et conditions de travail dans cette industrie, sans faire de vagues, ou ne pas déplaire aux employeurs, ou avec une nouvelle approche, je vous dit que vous dormez au gaz solide et que cela est une utopie. 

Mais vous avez le droit d'avoir vos petites lunettes rose bonbon et pensez que par la pensée magique tout va s'arranger. Bonne chance!

Une des choses que j'ai appris dans la vie c'est qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui refuse d'entendre.

En terminant, je me suis retiré des groupes relié au camionnage sur FB. Ayant de nouvelles fonctions syndicales dans ma section locale, et après m'être aperçu que je perdais royalement mon temps a tenté de convaincre des gens, d'aider des gens qui finalement se complaisent dans la situation merdique dans laquelle ils sont.

Je vous souhaite sincèrement que les gens de l'industrie du transport routier en Amérique du Nord s'en sorte, mais malheureusement j'en doute!

Pour ceux qui veulent continué à me suivre, je publie maintenant un nouveau blog;

https://lesyndicaliste.blogspot.com/

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Richard Corbeil
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dimanche 23 octobre 2016

Combien vaut un chauffeur?



Combien vaut un chauffeur?

La sempiternelle question.

La question à 1 000 000.00$!

Bref la question à laquelle il n'y a pas vraiment de consensus.



                                                     Ça?
    



                                                 Ou Ça?









Cette question, Steve Bouchard éditorialiste au magazine Transport Routier, l'a poser dans l'édition de novembre/décembre 2004.

Le 11 décembre 2004, en me basant sur mes revenus de l'année 2003, et le taux que j'étais payé en 2003, j'ai donc élaboré une réponse à sa question. 

Je lui fis parvenir par courriel et il me répondit le 17 décembre 2004.  Il devait publier ma réponse dans une  édition suivante, mais cela n'est jamais arrivé. 

Je me demande bien pourquoi d'ailleurs!!


Alors voilà la réponse a sa question: 


" Cher M. Bouchard,

Dans votre éditorial de Novembre/Décembre 2004 vous ouvrez toute grande la porte; " Combien vaut un chauffeur?". Je dirais plutôt "Combien vaut aujourd'hui un bon routier professionnel?".

C'est sur que d'établir un salaire après impôt c'est plutôt tordu comme exercice et ce n'est certainement la bonne façon de faire. En tant qu'ancien président syndical je peux vous affirmé que l'on négocie toujours sur la base du montant brut.

Je suis présentement a l'emploie de Challenger Motor Freight Inc. depuis 10 ans. Je vais vous expliqué la structure salariale de CMF qui sans être parfaite est a tous le moins une des meilleures présentement dans l'industrie:
Taux du mille de base             $0.37
Bonus de longévité  3 ans        $0.005
     "     "     "           5 ans        $0.005
     "     "     "           7 ans        $0.005
     "     "     "         10 ans +     $0.005
Bonus pour voyage dans          $0.03
Nord-est US (ny,me,nh,vt,
ct,ma,pa,nj,md,ri,de)
Livraison / ramassage               $30.00 ch.
Multi liv. / Ramassage  1er        $30.00 ch.
   "              "               2ième    $35.00 ch.
   "              "               3ième + $40.00 ch.
Bonus liv. /ram NYC                    $75.00 par voyage
Traversé douane                        $15.00 chaque fois
Échange de remorque                $0.00
Ramasser remorque au              $0.00
Terminus
Taux horaire                              $16.25 h
Attente à la douane après 2 h $16.25 h
Attente chez un client, bloc de    $25.00
4 heures
Lay over                                      $52.00 par jour

Le tout évidement en dollars canadien. Bon ce n'est pas parfait mais il y a pire. Cette échelle salariale est en vigueur depuis quelque mois seulement.

Prenez mon cas pour 2003 (soit l'ancienne échelle de salaire) j'aie fait $65635.90; 287 jours sur la route, travaille en moyenne 14 heures par jours = 4018 hres donc pour un taux horaire moyens : $16.34. C'est pas pire vous allez dire, ben pas tout a fait; il n'y a jamais de temps supplémentaire. En 1991 je gagnais $15.25 h  + temps  1½ et 2.

Je crois que pendant trop longtemps les salaires ont stagnée et même parfois reculer. Les gens de Schneider National et J.B. Hunt ont bien raison, si on prend $60000.00 US converti en $ Can au taux moyen de 45% on arrive a $87000.00. Maintenant diviser par 4018 hres on arrive a $21.65 h moyen sans le temps supplémentaire.

Maintenant combien vaut un bon routier professionnel? Sans doute encore un peu plus si on considère que nous sommes probablement la profession la plus réglementé que je connaisse et que surtout on n'a pas le droit a l'erreur sans ca les autorités compétente se font un malin plaisirs de nous mettre de très grosse amendes car nous sommes de bien dangereuse personnes. Tout les paliers de gouvernements ici comme au USA, et la bas ils ont même des paliers qui n'existe pas ici, tous se font une très grande joie et sont extrêmement inventif pour trouver un moyen quelconque de nous vider les poches, car nous sommes une cible facile et de choix en étant étranger. C'est la seule profession que je connaisse ou l'on doit remplir un livre de bord quand on est en congé, même en vacances.

Vous pourrez dire que si je ne suis pas content que je change de métier, mais ce n'est pas une solution; car ca veut tu dire que si je fait un métier que j'aime malgré tout que je suis condamné a être mépriser par le public en général, me faire botté le cul par toutes les agence gouvernemental  Can et US qui existe, me faire chier dessus par les clients qui croit que tout leurs est due, et que nous on est moins que RIEN. Pas de qualité de vie familiale. L'esclavage a été aboli il y a longtemps.

J'aimerais bien être respecté, en commençant par l'ensemble de l'industrie ca serait un grand pas en avant. Être soutenus par l'industrie. Le respect tout autant que le salaire fait la différence. Mais comme le respect n'est pas toujours au rendez-vous il nous reste donc le salaire, donc ca prends plus d'argent sur la table; fini le bénévolat et que l'on soit payé pour le temps supplémentaire.

Prenons le $21.65h de tantôt. 40h/semaine X 50 semaines = 2000 heures au taux régulier; soit $43300.00. Ensuite $21.65 a 1½ = $32.48 soit 2018 hres X $32.48 =  $65544.64, pour un grand total  $43300.00 + $65544.64 = $108844.64. 

Donc en conclusion je crois que c'est ca que vaut "un bon routier professionnel" soit $108844.64

Je sais que mais chiffres vont en faire sursauté plus d'un mais ils sont tout aussi valide que n'importe quel expert ou actuaire patronal.

Sur cher Steve je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et une bonne réflexion sur le sujet!

Richard Corbeil
Routier Professionnel "




Cela donne une idée que ce n'est pas d'hier que je clame qu'un chauffeur devrait gagner plus de 100 000.00$.

Certain ne serons sans doute pas d'accord avec mes chiffres, mais en tenant compte du contexte de 2003, je crois fermement qu'ils sont très valide. 



                                                         









Il est évident qu'aujourd'hui avec les livres de bord électronique qui sont au coin de la rue, et qu'on peut le constaté, les taux qui n'ont pas ou peu augmenté, la manière de rémunéré les chauffeurs dans sa forme actuelle, est désuète.

Il est plus que temps que les chauffeurs soient rémunérés à leurs justes valeurs pour tout le travail effectuer. La meilleure façon et la plus simple consiste a les payé a l'heure, et en temps supplémentaire après 40 heures, ce qui est plus normal que 60 heures!

Sur ce, je vous souhaite a tous une bonne réflexion sur le sujet.



 



Fraternellement,
Richard Corbeil
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dimanche 16 octobre 2016

UNION



UNION

Selon Larousse:

Union
- Relation existant entre deux ou plusieurs choses, deux ou plusieurs personnes qui forment un ensemble. 
- Conformité de sentiments, de pensées, de comportements entre des personnes ou des groupes. 
- Action de réunir, de rassembler, d'associer des éléments jusqu'alors séparés. 
- Groupement de personnes ou de collectivités associées pour mener une action, défendre une même cause.
Syndicat
- Groupement constitué pour la défense d'intérêts professionnels ou catégoriels communs.




Ici au Québec, et dans la francophonie, c'est le mot syndicat qui est plutôt utilisé au lieu de "UNION" comme dans la langue anglaise. Selon moi si le mot union étais utilisé, cela aiderais a mieux passé le message. Question de point de vue.
Comme on peut le constaté, il y a une grande similitude entre Union et Syndicat.
Se regroupé, s'unir, afin d'être plus fort, au lieu de subir. Être uni, cela ne veut pas dire être d'accord à 100% sur tout.
S'unir avec un point commun, un dénominateur commun. Dans le cas présent; chauffeurs, conducteur, camionneur, routier. Alors pourquoi avec le nombre de chauffeurs sur la route, la prétendu "pénurie", pourquoi ces derniers ne parviennent pas à s'unir? Bonne question.
Ça c'est le dénominateur commun. Maintenant reste la cause commune.




Cause commune.
Les chauffeurs que je connais, de près ou de loin, tous sans exception veulent un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail, un fonds de pension, et surtout que le métier soit finalement reconnue comme une profession. Cela fait plusieurs points en commun pour faire une cause commune!
Alors pourquoi il n'y a pas d'unité?
Tous les regroupements, associations, fédérations et autres du genre qui ont existé dans le passé, toutes voulaient ces choses citées ci-haut. Et pourtant presque toutes ont disparus. Certaine ont même laissé un  gout amer.
Pareil pour le mouvement syndical. Certains sont venue, d'autres sont parti. Certaines compagnies ont été syndiquées, d'autre ce sont dé syndiqués.
Certains essayent de trouver la formule magique, entre syndiqué et non-syndiqué. D'autres veulent faire changé le Code du Travail du Canada, en ayant une supposé nouvelle approche du problème. D'autres encore veulent à la fois combattre les syndicats et les compagnies. Bref il y en a pour tous les goûts!
Alors elle est ou l'unité, l'union?
Chose certaine, être un employeur, je ne serais pas trop inquiet. Divisé pour mieux régner. Voilà ce qui prévaut présentement dans l'industrie du transport routier en Amérique du Nord.


                                                     



S'unir une utopie?
Telle est la question. Présentement qu'en est-il?
Chacun tire la couverte sur son bord.
Chacun prétend avoir la meilleure solution pour les problèmes que vivent les chauffeurs dans l'industrie.
Chacun est le roi de sa petite butte de terre, et se crois le roi de la montagne, alors qu'il n'y a pas de montagne.
Tant et aussi longtemps que ce dialogue de sourd va continuer, alors oui, s'unir demeureras une utopie!
Par contre le jour ou les antis-syndicalistes mettrons la même énergie à ouvrir un dialogue avec le mouvement syndical, plutôt que de le combattre,  alors s'unir cesseras dès lors d'être une utopie, et les employeurs devront commencer a s'inquiétés.
Évidemment cela devra se faire de bonne foi des deux cotés. Pour ma part, je crois fermement que le mouvement syndical est très ouvert, et est prêt pour ce dialogue.
Cela ne va pas pour autant régler tous les problèmes demain matin, mais ça va permettre de canaliser les énergies à la bonne place pour la cause. Cela sera la première pierre pour bâtir une solide base vers une grande unité de la profession dans l'industrie.

                                                    



Alors, quand on y pense bien, ce n'est une si grande utopie que cela. Si chacun y met du sien, cela pourras même être réalisable prochainement.
Ici il ne s'agit pas de trouver le messie, ou de dire que mon idée est meilleure que la tienne, ou encore de déterminer qui est le plus fort, mais bel et bien de s'unir pour la cause; l'amélioration du sort des chauffeurs.
Donc, au lieu de perdre son temps, énergie et argent à essayer de monter une ou des structures parallèles a celles déjà existantes, pourquoi ne pas s'unir a celle qui existe déjà??
Sans que cela soit la solution parfaite, elle n'en demeure pas moins la meilleure pour l'instant.
Imaginez un front commun unis de gens syndiqués et non syndiqués. Unis dans la cause commune!

                                                         



Alors mesdames et messieurs, qu'attendez-vous pour vous UNIR!

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